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  • Hélène Macaire

Être un leader = Être capable de rassembler ET cliver.

Dernière mise à jour : 13 juil. 2020

Quand on parle leadership, on évoque souvent la qualité de rassembleur : je suis en capacité de fédérer autour d’une vision qui m’anime…et qui résonne avec celles d’autres personnes, qu’ils soient collaborateurs, clients ou parties prenantes. C’est, j’ai envie de dire, l’aspect plaisant du leadership. Ensemble, nous créons une œuvre commune.

Mais il y a un autre aspect à développer dans l’exercice de son leadership : c’est la capacité à accepter sereinement d’être clivant. De ne pas être apprécié, reconnu par tous. D’être parfois critiqué, jugé. Ou tout simplement de ne pas faire sens, de ne pas intéresser.

Que vous soyez – ou devenez – clivant est en soi un bon signe : cela veut dire que vous avez défini un cap, une ligne directrice clairs. Que vous savez pertinemment ce que vous avez envie de proposer au monde. Et que vous êtes capable de vous y tenir. Vous cessez de proposer une offre consensuelle pour oser accoucher de vous-même. Vous devenez politique, dans le vrai sens du terme.

Par essence, proposer un cap conduit à se positionner et à écarter certains possibles. « Voilà ma vision, voilà ce que je désire, voilà ce que je veux créer, voilà ce en quoi je crois ». Vous faites votre coming-out au monde en quelque sorte. Vous proclamez. Et quand vous proclamez, vous allez susciter tant des accords – des personnes qui vibrent avec votre vision parce qu’elles ont peu ou prou la même – et des désaccords, parce que ce que vous dites va venir titiller ou gêner des personnes qui ne partagent pas vos convictions. C’est normal. C’est humain.

Croitre dans votre leadership, c’est aussi assumer de créer ce clivage. De percevoir la tension ou les désaccords que vos orientations peuvent générer chez autrui. De savoir les écouter si vous pensez qu’elles peuvent enrichir votre vision. Et de savoir vous en abstraire sinon. De parvenir à ne ressentir aucun déclencheur, aucune gêne intérieure. Ou si déclencheur il y a, de savoir très vite comment le dépasser.

Comme le dit Audiard, « Les cons, ça osent tout, c’est à ça qu’on les reconnait. » Eh bien quand vous osez, il y a fort à parier que vous deviendrez un jour ou l’autre le con de quelqu’un. Qui vous trouvera trop écolo / pas assez écolo, trop à gauche / trop à droite, trop perché intellectuellement / trop concret, trop élitiste / trop populiste… Vous cliverez, parce que vous choisirez. Et votre audace sera proportionnelle à la tension que vous accepterez de générer au moins dans un premier temps autour de vous. Vous allez tester vous-même votre capacité à avoir « les reins solides ».

Comme disent les anglosaxons, « Where attention goes, energy flows » : « Où vous portez votre attention, va votre énergie ». Quand vous vous laissez avaler par des critiques, vous perdez votre ancrage. Vous vous déconnectez progressivement de votre vrai projet, de ce que vous voulez accomplir pour aller dans la peur. Vous diluez alors votre énergie, qui est précieuse, à gérer vos émotions, votre peur de ne pas être aimé, votre croyance que pour vous sentir bien tout le monde devrait vous valider. Vous perdez votre souveraineté.

La vérité, c’est que quand vous êtes en pleine intégrité avec vos standards et vos convictions, vous faites un magnifique acte de pouvoir et d’amour. Envers vous-même. Envers l’œuvre que vous souhaitez créer. Et envers les personnes qui vibrent avec votre vision.






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