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  • Hélène Macaire

Pourquoi regarder Suits est bon pour votre leadership…

Dernière mise à jour : 13 juil. 2020


La série – déjà un peu ancienne – est drôle, légère, plaisante, esthétique. Mais pas que… Au-delà du show, elle s’avère aussi très intéressante pour réfléchir à son leadership.

Le personnage principal, Harvey Specter, est avocat d’affaires. Golden boy, séduisant, audacieux, avec une extrême confiance en lui-même et dans ses ressources, il se définit comme « the best closer in New York ». Amateur de risques et de sensations fortes – le luxe et l’adrénaline plutôt que l’ennui et le conformisme ou tout simplement la moyenne – il engage Mickael Ross, un petit génie à la mémoire photographique mais qui n’a aucun diplôme, donc aucun droit à exercer la profession d’avocat. Une grande partie de la série se construit autour de ce mensonge, aux conséquences tant brillantes que délicates.

Alors en quoi Harvey Specter et son équipe peuvent-ils nous inspirer en ce qui concerne notre leadership ? La réponse est simple : ils sont la plupart du temps dans leurs archétypes de puissance.

L’archétype de l’amoureux.

Harvey, comme le reste de son équipe d’ailleurs, adore son métier. Il aime le droit et surtout il aime le fait d’en jouer pour gagner. Si de prime abord, le personnage semble justement sans valeurs ou sans déontologie – il est prêt à tout pour gagner, y compris flirter avec les lignes jaunes du droit – quand on regarde de plus prêt il n’en est rien.

Harvey Specter a des valeurs et des standards très précis. Intelligence, exigence, pragmatisme et équipe (qu’il assimile à sa famille). Et surtout, ce qui est fondamental, il s’y tient. Il est prêt à faire tous les efforts nécessaires pour maintenir ses standards et incarner ses valeurs. Il met énormément d’énergie dans le fait de développer ou préserver ce à quoi il donne de la valeur. En fait, il s’avère extrêmement cohérent et congruent – même si ses valeurs ne sont pas celles qui sont socialement les plus « acceptables », comme la bienveillance ou la compassion.

En outre, Harvey s’exprime de manière claire, tranchée, franche, sans détours ni fioriture. Il est pleinement exprimé, n’a pas peur de déplaire, ne craint pas la critique ou la controverse. « He speaks his mind. » Il est confortable avec le fait de « dire les vraies affaires », peu importent les effets sur ses interlocuteurs. Il ne perd pas de temps à préserver son image par peur du qu’en dira-t-on.

L’archétype du souverain.

Harvey va apprendre au fur et à mesure de la série à endosser cet archétype. Pendant les premières saisons, le souverain est plutôt porté par sa patronne, Jessica Pearson.

En effet, Harvey incarne partiellement cet archétype. Il sait qui il est professionnellement, ne se compare pas – a contrario de son « meilleur ennemi », Louis Litt, qui se rêve en néo-Harvey et passe son temps à le jalouser au lieu de se reconnaitre dans sa propre zone de génie. Harvey connait ses objectifs (devenir associé du cabinet), a du charisme, est confiant dans la réalisation de sa vision. Il est sa propre source d’autorité et de validation.

En revanche, il manque très régulièrement de hauteur de vue stratégique et se laisse gouverner par ses pulsions. Et surtout, il a un gros rejet de toute forme de discipline et de cadre. Harvey passe son temps à contourner les règles, la plupart du temps avec brio et flair certes, mais pas toujours. Cette dimension de l’archétype du souverain est incarnée par Jessica Pearson. Qui rappelle les règles, est garante de la vision d’ensemble, tranche et arbitre pour que le tout soit supérieur à la somme des parties. Harvey apprendra au fur et à mesure à développer ces aptitudes, au point d’ailleurs d’accepter et de valider l’autorité de Louis Litt comme Managing Partner – chose qui paraissait inconcevable dans les débuts de la série. Il a compris qu'être souverain n'est pas incompatible ni avec la reconnaissance de la souveraineté d'autrui ni avec l'allégeance à des règles exogènes.

L’archétype du guerrier.

Harvey est dans l’action. Il ne la craint pas, au contraire, il la savoure. Extrêmement pragmatique, il est centré solutions. Il a un « growth mindset ».

Son mantra favori : « What are your choices when someone puts a gun to your head ? You take the gun, or you pull out a bigger one. Or you call their bluff. Or you do any one of a hundred and forty six other things. » Ce qui, en VF, donne : « Quels sont vos choix quand quelqu’un pointe un pistolet sur votre tempe ? Vous prenez le pistolet, vous en sortez un plus gros, vous pointez du doigt le bluff. Ou vous faites l’une des 146 autres possibilités ». En somme, et parce qu’il a une haute tolérance pour le risque, Harvey trouve toujours un moyen pour que cela fonctionne, même (voire surtout !) dans l’adversité.

Harvey a par ailleurs une vraie capacité à mobiliser des ressources, à rallier les forces. Il a une équipe motivée, un réseau. Mais il est également très protecteur et loyal. Il n’utilise pas les gens, au contraire il sait reconnaitre les services rendus. Au-delà de son côté accroc à la réussite, Harvey valorise la parole donnée et honore sa parole. Son autre mantra : « I owe you one » (« Je t’en dois une »).

C’est ce qui le différencie de Louis Litt, qui par peur, a tendance à retourner sa veste et à ne pas tenir les promesses faites. Ce dernier va apprendre au fur et à mesure de la série à gérer ses émotions, voire sa tendance à la paranoïa, pour gagner en colonne vertébrale.

L’archétype du magicien.

Harvey n’est pas du tout dans l’énergie du saboteur, dans « l’analyse qui paralyse ». Il est confiant, sans anxiété. Il sait passer à l’action sur une inspiration. Il est véritablement capable de « faire des folies ». Et c’est ce qu’il fait d’ailleurs quand il engage Mike Ross au lieu de choisir un « vrai » avocat diplômé de Harvard.

Néanmoins, l’archétype du magicien est pleinement incarné dans la série non pas par Harvey, mais par son assistante, Donna Paulsen. Donna fait advenir les choses sans que l’on sache vraiment comment. Ce qui est le propre du magicien. Elle fluidifie le système, met de l’huile dans les rouages, lit à travers les gens et les situations pour en découvrir le sens caché. Elle crée des opportunités et des ressources à partir de rien. Ou à partir du chaos. Elle est dans l’action extrêmement efficiente car inspirée.

Et quand on lui demande comment elle fait tout cela, Donna se contente de lever les sourcils et de dire avec un sourire en coin et mystérieux : « Because I’m Donna » (« Parce que je suis Donna »). Un magicien ne révèle en effet pas sa technique.

Amoureux, souverain, guerrier et magicien : les 4 piliers d’un leadership puissant et inspiré. De quoi vous donner envie de (re)voir la série et de prendre par la même occasion un cours de leadership alternatif ? 😊







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